7 oct. 2015

Prep NaNo 2015 #1 - Insidpide

Le petit jeu est simple : piocher chaque jour un mot, rédiger une centaine de mots s'en inspirant en rapport avec un de mes personnages. Propositions appréciées, participants accueillis à bras ouverts !  ♥

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Il arpentait les couloirs chichement éclairés d’un pas traînant.

Les murs avaient-ils toujours été aussi peu décorés ? Les visages de ses confrères aussi austères ? Il lui semblait se souvenir d’un temps où il était fier d’appartenir à la Garde. Un temps où il pouvait entendre les rires des disciples dans les couloirs.

Un temps révolu, de toute évidence.

Stanislas s’ébroua et accéléra la cadence pour quitter au plus vite cette prison. Mais une fois dehors, quand il contempla alors l’immensité de la Cité Anthracite, tout lui parut bien fade. Ce qui pimentait son quotidien avait disparu, du sourire d’Eileen à l'empressement volubile de Xon, en passant par le sentiment d'appartenance conféré par la Garde.

Pour laisser place à l'insipide sentiment de vide.

5 oct. 2015

Glowing, Fading.

La lueur est toute petite d’abord, faible et effacée, elle brille par sa discrétion.
Parmi ses consoeurs, elle laisse un filet opaque l’étouffer : elle suinte la solitude dans la foule.

Puis, un beau jour, elle est gagne en intensité, tournoie, virevolte. D’un simple espoir naît l’allégresse, joie dévorante, fulgurante, qui enfle encore. Une présence, et elle iradie tout ce qui l’entoure. Un son, une voix, et elle se laisse couler en une cascade scintillante. Un murmure, un aveu, et voilà qu’elle châtoie doucement.

Par moments, elle s’ébroue et cajôle, agace d’un rayon trop vif. Malicieuse et maladroite, elle poursuit la présence, se complaît dans la joie simple qu’elle en retire.

D’autres fois, elle vacille, mais elle suit toujours le même tempo, docile. Enfin, elle trouve son rythme, elle suit la présence avec enthousiasme. Puis stagne alors, perd un soupçon de son éclat. 

Elle hésite, frémit. 
Rassemble tous ses petits photons et ose, enfin.
Elle s’élance.

Ne rencontre que le vide.

La présence s’estompe.
La lueur faiblit et erre, elle cherche, hume, déploie ses tentacules luminescents pour tenter d’aggriper ce qu’elle a égaré. Elle n’en effleure que des ombres, des souvenirs.

Peu à peu s’installent les ténèbres silencieuses.

27 sept. 2015

À la découverte de la sculpture

Je suis allée faire un tour au 1er symposium international de sculpteurs en Île-de-France, en parfaite petite profane.

C’était absolument fascinant. Je n’avais jamais envisagé la création artistique de la sorte ; ils façonnent la pierre, l’écoutent, sans savoir quel sera le résultat final, leur travail évoluant au fur et à mesure de ce qu’ils découvrent…

Voir les sept sculpteurs à l’œuvre (Armen Agop, Patrice Belin, Xavier Gonzalez, Ton Kalle, Philippe Ongena, Susanne Specht et François Weil) et discuter avec eux a été particulièrement instructif. Ils abordent tous leur art de façon différente, travaillent tous de manière unique. Pour couronner le tout, ils sont très accessibles et adorables.

Je n’ai pas les mots pour décrire ce que tout ce que cette rencontre m’évoque ; j'avais initialement prévu d'écrire un long article, de m'attarder sur chaque aspect, avant de réaliser qu'il faut voir les artistes à l'oeuvre. Une chose est certaine néanmoins, ils m’ont redonné le goût d’écrire et de découvrir.

J’ai vraiment hâte d’être au spectacle de clôture le 3 octobre.

Vous pouvez en apprendre plus sur ce symposium à cette adresse et trouver plein de photos ici !

8 sept. 2015

Quote your Mood #1

« From the crease of your mouth to the picket fences
All the space, stretching out, blurring my defenses
Dignity, diligence, I could not avenge
Sink my teeth in the sheets and taste the emptiness. »


Pirouette - Made in Heights

23 août 2015

Introspection #1

Ces derniers temps, on m’a mentionné plusieurs fois la personne que je dois et que je veux être/devenir. Et ça me laisse un peu perplexe.

Certes, il fut un temps où je me posais véritablement la question ; dans une période de mal être lancinant, je passais mon temps à ressasser ce qui me déplaisait chez moi, ce qui m’empêchait d’évoluer, pourquoi j’étais si mal entourée, ce qui clochait chez moi, etc. Finalement, une brève introspection me fait réaliser que, cette personne que je détestais autrefois n’est plus là. Attention, je ne m’adore pas pour autant, je suis toujours consciente de mes défauts et je m’exaspère assez souvent. Mais il y a plus cette boule dans ma poitrine, ce fardeau constant et ce mépris abject qui m’étouffaient.

Ce constat m’a surprise et réjouie. Puis ça a entraîné tout un tas de petites questions. Est-ce un état durable ? Ou suis-je juste dans une période plutôt positive ? Vais-je développer de nouveaux traits désagréables ?
(On note assez vite mon pessimisme, j’en conviens.)

J’ai décidé d’effacer toutes ces interrogations superflues de ma petite caboche pour me contenter de savourer ce nouvel état d’esprit, et puis en déceler les origines. Après tout, si je vais « mieux », autant savoir pourquoi, histoire de poursuivre l’expérience ! Certaines incertitudes se sont effectivement effacées : je me suis fait des amis vraiment chouettes dernièrement, j’ai fait l’effort de quitter ma zone de confort, j’ai renoué des liens avec mon entourage, j’ai découvert que, quand on voulait du boulot on en avait, et j’ai des projets (artistiques, professionnels et personnels) plein la tête – et des projets qui progressent, s’entend.

Résultat, j’ai quitté ma petite inertie, mon apathie navrante, et avec un peu de bonne volonté, en se bougeant le cul, tout devient merveilleux. Le bonheur, ça se travaille, donc.

Non contente d’être parvenue à cette jolie conclusion, il a fallu que je m’interroge sur l’autre versant des propos qu’on m’a tenus. Sinon, c’est trop facile, y a pas de défi, évidemment !

Qui dois-je devenir ? Est-ce que j’ai envie de devenir quelqu’un d’autre ? Quelqu’un de mieux ? Alors que je commence tout juste à me sentir bien ? Pourquoi tant d’efforts ? Pour plaire ?

Je réalise que je n’arrive pas à me projeter dans l’avenir. Avant, la perspective d’un « moi » nouveau avait des contours – flous, mais des contours quand même – qui constituaient déjà un moule pour une idée définie. On a un peu manqué la cible dans le processus, faut pas se le cacher, mais le résultat reste plutôt satisfaisant.

Alors soit, je suis contente pour le moment. J’ai peut-être envie de me poser un peu, mais à part ça, aucun changement fondamental à l’horizon. Est-ce un souci, de ne plus vouloir évoluer ? Je me trouve plutôt bien où je suis, mais quand vais-je me lasser ? Dois-je attendre un facteur déclencheur ?

En tout cas, aux personnes qui sous-entendent que je peux changer, j’ai envie de répondre « non merci ». Je suis bien comme je suis. J’aime mes petits défauts, j’aime ne rien aimer et râler, j’aime faire comme je l’entends. Il y a des façons plus saines de vivre, plus respectueuses aussi, plus humaines. Eh bien, je préfère malgré tout me laisser porter, faire l’autruche pour ne pas voir la laideur du monde et sourire bêtement ou me prélasser quand un rayon de bonheur fait son apparition. C'est une solution facile. C'est une solution qui me convient.

La prochaine « moi » peut attendre encore un peu.

29 juil. 2015

Les Salauds Gentilshommes - Scott Lynch

Il y a des livres qui vous entraînent parce que les événements s’enchaînent comme pas possible. D’autres, ce sont les mots, le style, qui vous bercent et vous font dériver le long de l’intrigue. Parfois, il y en a même qui parviennent à allier les deux facteurs précédents.
Et enfin, il y a ceux qui vous ont par la ruse.

Je viens de commencer les Salauds Gentilshommes de Scott Lynch et je ne décroche plus. Et quand je réalise que la menace pesant sur le protagoniste n’est mentionnée qu’après la page 200, je me dis que, franchement, l’auteur m’a bien eue. Alors, j’ai évidemment commencé à décortiquer son petit stratagème pour nous tenir prisonniers…

• Une narration en deux temps. L’ordre chronologique de l’histoire est une vaste plaisanterie pour Scott Lynch. De façon très habile, on alterne entre les passages où Locke est tout petit, et ceux où Locke est adulte. Et puis même lorsque l’on est dans un axe temporel, il nous fait des petites blagues… Résultat, on veut des réponses sur les deux intrigues qui s’entremêlent, on fait des liens, on dévore les pages avec avidité.
• Des personnages attachants. On développe tous une sympathie pour les voleurs, les espions et les assassins, avouons-le. Benvenuto dans Gagner la guerre de Jean-Philippe Jaworski, Ellana chez Pierre Bottero, Fitz (le crétin) chez Robin Hobb, Kylar chez Brent Weeks, et j’en passe… Alors, en plus, quand les voleurs en question sont des gentilshommes, comment résister ? La dynamique entre les personnages est absolument exquise, l’unité du petit groupe est très attachante. Tout ce qu’il fallait pour conquérir mon petit cœur.
• Un univers merveilleusement bien développé. Ouh, des requins exceptionnels, de l’alchimie, le Verre d’Antan ! Toute une petite panoplie de détails qui fait qu’on plonge vraiment dans une autre époque. Scott Lynch livre les détails de son monde au fur et à mesure, de la qualité des alcools au style vestimentaire, aux matériaux curieux (bois-sorcier, Verre d’Antan) au système politique. On n’a peut-être pas envie de déménager à Camorr demain, mais il y fait bon d’y laisser traîner son imagination.

Quatrième de couverture :

Dans la cité insulaire de Camorr, la vie d'un orphelin ne vaut pas cher. Doté d'un esprit vif et d'un don naturel pour la rapine, Locke Lamora a néanmoins réussi à éviter jusqu'ici la mort et l'esclavage, un luxe qu'il doit en partie au prêtre aveugle Chains. Ce dernier - qui n'est ni prêtre, ni aveugle - forme à l'art du vol sous toutes ses formes une troupe de gamins des rues triés sur le volet, connus sous le nom de Salauds Gentilshommes. Sous sa tutelle, Locke va bientôt devenir la Ronce de Camorr, douloureuse épine dans le pied de la maréchaussée et hantise des notables de la ville...




Verdict ?

C’est très (très !) prenant ; je vous invite vivement à plonger dans l’univers de Salauds Gentilshommes ! 

16 juil. 2015

La Tour - Cécile Duquenne

D’ordinaire, je suis plutôt une adepte des descriptions et de lyrisme qui reflètent l’atmosphère. J’aime les plumes sophistiquées et inventives, et je suis rarement attirée par un style trop visuel – du moins, pas en français.

Pourtant, j’ai su trouvé mon bonheur auprès de Cécile Duquenne, surtout avec cette merveilleuse série qu’est Les Foulards Rouges (au point de me convertir au numérique, c’est dire !). J’aime beaucoup le style efficace et entraînant de Cécile : rythme effréné, trouvailles linguistiques, personnages très attachants…. Alors bon, quand j’ai entendu parlé de La Tour, sa petite merveille auto-éditée, écrite en trois jours qui plus est… J’ai sauté sur l’occasion !

Résumé :
« Jessica, 16 ans, se réveille dans un marécage artificiel aux dangers bien réels. Très vite, elle comprend qu'elle se trouve au sous-sol d'une étrange tour sans fenêtres, et que le seul moyen d'en sortir est de monter jusqu'au toit. Accompagnée de quelques autres jeunes, elle se lance dans l'ascension de sa vie, explorant chaque niveau, affrontant les dangers embusqués…
Et les révélations.
Car Jessica n'a plus aucun souvenir d’avant son arrivée ici. Ils lui reviennent par bribes, étage après étage, et plus elle en apprend, moins elle désire sortir – surtout que son pire ennemi se trouve à l’intérieur avec elle. Bientôt, l'envie de se venger prend le pas sur l'envie de s’échapper…
Et si en exhumant les secrets de son passé, Jessica levait aussi le voile sur la véritable fonction de La Tour ?

Grande fan du Labyrinthe de James Dashner et de Hunger Games de Suzanne Collins, Cécile Duquenne signe cette année son premier roman Young Adult, à mi-chemin entre le thriller psychologique et le survival.
D’abord publiée aux éditions Voy’el avec Les Nécrophiles Anonymes, puis aux éditions Bragelonne avec sa série de space-opera steampunk Les Foulards Rouges, elle est connue pour ses personnages féminins forts et son écriture quasi télévisuelle. En ce sens, La Tour s’inscrit dans la lignée de ses précédents opus, tout en explorant un univers unique et vertical.

Bienvenue dans la Tour.
Atteindrez-vous un jour le sommet ?

Dès 16 ans. »

« Encore un bouquin sur le thème de la survie avec des adolescents ? Entre Hunger Games et Le Labyrinthe, on a le droit qu’à ça en ce moment ! »
C’est ce que vous vous dites au premier abord.

Puis vous plongez dans l’univers de La Tour de Cécile Duquenne.

Et ça n’a rien à voir. Si les premières pages ont un goût de déjà vu (ouaip, je vous spoile l’apparition des crocos que les lecteurs des Foulards Rouges auront probablement croisés), l’ascension n’a rien en commun avec ce que nous sert et dessert la littérature jeunesse et les dystopies ces temps-ci.

Vous plongez immédiatement dans la fange d’un univers angoissant, glacial et sombre. La course débute d’emblée, à en perdre haleine. Les révélations se succèdent, suffocantes. La tension monte. La température aussi. C’est ça, La Tour, ça se lit d’une traite et on se laisse embarquer dans ce thriller psychologique prenant.

On pourrait néanmoins lui reprocher de petits détails, à ce récit, en particulier sa longueur. Mais finalement, ça fait aussi sa qualité, car plus de détails sur l’univers et sur les différents personnages auraient ôté le caractère essoufflant de la lecture. Et puis, ça laisse tout plein de place à votre imagination.

Bref. Z’êtes prêts pour une sordide grimpette ?
Alors envoyez balader toute vos niaiseries : venez vous empêtrer dans les mystères oppressants de La Tour… Et préparez-vous à une chute vertigineuse.